Bullet Journal: deux mois après

Certains d’entre vous sont venus me demander sur Twitter comment est-ce que j’avais fait ce joli journal/agenda que je tiens et dont j’arrête pas de poster des photos.

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Ce que vous voyez s’appelle un Bullet Journal!

Commençons donc par le commencement: un bullet journal, c’est quoi exactement?

Son inventeur appelle ce concept « le système analogique pour l’ère digitale« . Plus précisément, c’est un système d’agenda et de prise de notes entièrement customisable, vu qu’on le fait soi-même, qui permet de rassembler journal, agenda, to-do lists, et même sketchbook dans un seul carnet. Un bullet journal est censé nous « apprendre à faire plus avec moins ».

1- Le concept de base

Car un bullet journal n’est vraiment pas censé être compliqué. Son but ultime est de faciliter l’organisation et la planification, et ainsi se base sur un système appelé le « rapid-logging ». Pour rapid-logger, on se contente du moins possible: un sujet, un numéro de page, des phrases courtes, et surtout, des puces (ou « bullets » en anglais, d’où le terme « bullet journal »).

Prenons un exemple: si vous voulez planifier ce que vous faites dans la semaine, prenez n’importe quel carnet qui vous tombe sous la main. Ouvrez-le à la première page, que vous allez numéroter en bas, et écrivez la date du jour en haut: ceci est votre sujet. Ici, commencez à noter les choses que vous avez à faire: appeler votre proprio, réserver pour un dîner la semaine suivante, ou même noter une info importante que vous avez vu ce jour (« la laverie coûte 3,50€ »).

Planner peace is what comes to mind here by @plannersimplicity . . . #planner #bulletjournaling #bulletjournal #minimalbulletjournal #plannercommunity

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A ces notes, vous allez rajouter des puces, des bullets, qui se divisent en plusieurs catégories: tâches, évènements, et notes. Vous ajoutez ces puces devant chaque note, et voilà! Vous avez commencé votre bullet journal.

2- Quid de la forme?

Bien entendu, ce concept de base est extensible et customisable à l’infini, ce qui en fait en plus un très bon moyen d’expression de sa créativité. C’est d’ailleurs ce qui m’a fait personnellement me tourner vers ce système: j’ai beaucoup de mal à tenir un agenda « tout fait » car bien souvent j’oublie d’y noter beaucoup de choses, pour la simple et bonne raison que j’oublie mon carnet en lui-même, même s’il est dans mon sac. Je m’y sens bien moins attachée que les carnets à idées que je tiens, où je note tout ce qui me passe par la tête, que j’utilise même parfois sur des dizaines de pages pour y écrire des histoires. La forme rigide de l’agenda de base ne me convenait pas.

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Un exemple de « jour » dans mon bullet journal: une forme impossible à avoir dans un agenda normal!

Or, en me penchant sur le concept et en observant d’autres journaux, j’ai remarqué que les bullet journals peuvent être aussi bien minimalistes que complètement décorés, et sont surtout adaptables et re-travaillables en cours de route. Du coup, un système d’agenda qui me correspondait avant peut être changé en cours de bullet journal si je constate qu’il n’est plus efficace. Je peux aussi m’en servir en tant que bloc notes pour toutes les listes, les idées qui me viennent par la tête!

Ce qu’il y a aussi de très bien, c’est qu’il n’y a pas un seul bullet journal: on peut choisir n’importe quel carnet (ligné, quadrillé, à pointillés…) et le customiser comme on le souhaite. Mais il reste quand même une forme rigide de base au bullet journal, qui se compose de cinq modules principaux: l’index, la clé, le « future log », le « monthly log », et le « daily log ».

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L’index

L’index se fait en tout début du journal, et permet de numéroter les pages afin de mieux s’y retrouver si l’on cherche une liste en particulier, un jour, une semaine, etc. Dans le journal que j’ai acheté (un Leuchtturm 1917 à pointillés), l’index est directement inclus dans le carnet, mais il est sinon très facile de le créer soi-même. J’y rentre mes numéros de page, et le sujet desdites pages.

La clé, enfin, the Key, est tout simplement l’index de vos puces. Je reviens aux trois sortes de puces de base: les tâches, les évènements, et les notes. Les tâches sont notées par un simple point (ou parfois un carré vide); ce point devient coché si la tâche est accomplie, ou fléchée si la tâche est déplacée (« migrée ») à un autre moment. Les évènements sont signifiés par des ronds vides (O), que je coche quand ils sont passés ou bien fléchés s’ils sont déplacés. Enfin, les notes sont écrites avec un tiret (-).

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Ma clé, ainsi que ma routine planning

Vous noterez que j’ai ajouté à ces premiers bullets une puce pour les rendez-vous (un triangle vide), ainsi qu’une étoile pour les tâches urgentes, un point d’exclamation pour une deadline, et un point d’interrogation quand j’ai besoin de rechercher quelque chose. J’avais aussi ajouté un tracker couleur pour le temps que je passais à faire certaines choses, mais qui a fini par ne plus me servir, et que j’ai donc supprimé de mes daily logs.

Après cela, on trouve le « future log »: chez moi, il prend la forme d’un calendrier, avec des codes couleur pour les vacances/jours fériés, les anniversaires, et autres pour certains évènements. Le future log vous permet de prévoir des évènements à très long terme (un mois ou plus) si vous n’avez pas encore fait votre monthly log pour le mois concerné. C’est aussi très pratique pour se souvenir des anniversaires, ou tout simplement pour savoir quel jour commence le moins suivant.

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Mon future log, où j’ai caché mes foirades avec du washi tape…

Après cela, on trouve le « monthly log »: un résumé en une page ou deux de votre mois, qui permet de noter les anniversaires, les dates importantes, et les choses à faire pour ce mois. En général, on utilise la page de gauche pour le calendrier, et la page de droite pour la to-do list. J’ai personnellement ajouté à mes monthly logs plusieurs trackers:

  •  un « happiness tracker » pour me rendre compte de mon humeur générale du mois, et de ma motivation; ça me sert à prendre du recul sur les moments où je ne vais pas bien, à les « dédramatiser ».
  • un tracker de dépenses pour mes courses. Je connais déjà mon budget au mois car il est affiché dans ma cuisine, mais je ne compte pas les courses dedans, car ma mère me les fait; du coup, ce tracker m’aide à me rendre compte de ma consommation, ainsi que des extras que je dépense ces mois-ci.
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Mon monthly log classique, feat. les stickers de la parfaite Avalon Lewis
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Un happiness tracker au plus bas de mon burnout…
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Exemple de mes trackers de Juillet avant que je les utilise: j’aime beaucoup la forme de flèche!

Enfin, nous avons le plus important, les daily logs: ce sont tout simplement les pages « agenda », où vous notez tout ce que vous avez à faire pendant une journée. Personnellement, je les « dessine » toujours à l’avance, histoire de ne pas avoir à les refaire chaque jour; mais pour un design plus minimaliste, il est en général conseillé de ne pas le faire, car on pourrait avoir besoin de plus de place que prévu. Vous pouvez voir un exemple de mes daily logs du moment tout en haut de cet article.

3- Au fil des semaines…

J’ai tout d’abord remarqué que le bullet journal m’avait permis de bien mieux m’organiser. Quand on doit planifier toute sa semaine, on fait bien mieux le point, et on se permet de voir ce qu’il est possible de décaler, ce qui est le plus important, etc. Ca m’aide aussi beaucoup à me vider l’esprit: avoir à prendre mon temps, chaque dimanche, pour faire naître ce petit agenda me permet de me détendre et de me recentrer. Cela booste aussi ma créativité: je pense à des nouveaux designs, de nouvelles calligraphies, même si je n’ai pas un tempérament artistique au premier abord – ça fait du bien de voir que l’on fait quelque chose de ses mains dont on peut être fier.e. Enfin, je n’oublie plus du tout mon agenda, même si bien entendu, comme beaucoup, il m’arrive d’avoir la flemme de le tenir chaque jour; l’idée de le faire moi-même me motive d’autant plus à y contribuer et à, chaque dimanche, me poser afin de dessiner une nouvelle semaine.

J’ai aussi remarqué que certains systèmes me convenaient plus que d’autres. Par exemple, j’aime être organisée, mais je n’aime pas ressentir de pression par rapport aux tâches que je m’impose, car j’aime aller à mon rythme. J’ai donc remarqué que le système de daily logs n’était pas pour moi: je le tenais sur trois pages, sans encart particulier, et donc me poussais à mettre un jour précis pour accomplir une tâche, alors qu’elle aurait pu être faite n’importe quand dans la semaine – mais avoir à dessiner le petit icône « migrated » sur la puce des tâches me faisait me sentir mal. Comme vous pouvez le voir, j’ai d’ailleurs petit à petit arrêté de le remplir sous cette forme.

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Mes daily logs au début de mon bullet journal…
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… Ainsi que fin mai, moment où j’ai arrêté le système de daily logs

Car c’est quelque chose de très important, je pense, dans la philosophie du bullet journal: jamais ça ne doit devenir une pression. Faire un bullet journal doit vous faire du bien, et ne doit pas vous stresser encore plus que vous ne l’êtes déjà. J’ai donc switché pour un « weekly log » où je peux voir toutes les tâches à effectuer et les évènements de ma semaine d’un seul coup d’oeil, et où j’ai créé un encart « to-do » où je note tout ce que je dois faire dans la semaine, mais sans me mettre la pression d’une date spécifique. J’y ai aussi un encart « to buy », ainsi qu’une to-do list de choses prévues la semaine suivante.

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Mes weekly logs, dont je suis bien plus contente!
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Début Juillet, j’ai switché toutes les dates sur la page de gauche, et tous les trackers sur celle de droite.
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Ma page de droite, mieux organisée, et surtout qui me convient mieux.

J’avais aussi au départ dessiné, pour chaque jour, un time tracker, où j’analysais à l’aide de différentes couleurs la façon dont je passais mes journées. Mais j’ai vite arrêté de les utiliser, car je les trouvais assez inutiles, et ça devenait plus pénible de les dessiner qu’autre chose.

Les deux choses que j’ai gardées, cela dit, et que j’ai d’ailleurs switchées dans mes weekly logs, ce sont mes deux trackers d’habitudes et de corvées. Je les tenais au départ par mois, avec des codes couleurs et des puces, mais c’était ennuyant de devoir à chaque fois changer de page, voire revenir une dizaine de pages en arrière, juste pour les remplir; je les ai donc intégrés à mes logs par semaine, où il est bien plus simple de les remplir.

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Mes trackers au tout début du bullet journal, faits par mois…
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… ainsi que ceux de maintenant, beaucoup plus pratiques à utiliser, avec un code couleur arc-en-ciel pour chaque jour.

J’ai enfin gardé l’idée du weather tracker, où je dessine chaque jour le temps qu’il a fait, ainsi que la température (même si ce tracker a changé au fil du temps et continue encore de changer, comme vous pouvez le voir au fil de ces pages!)

4- Et les autres pages alors?

Comme je vous l’ai dit, je ne suis pas quelqu’un de très artiste, et du coup, je ne dessine pas beaucoup sur mes pages. Cependant, je tiens un nombre mirobolant de listes! Dans le jargon du bullet journal, on appelle cela des « collections »: ça peut être des listes, des pages citations, des pages dessins, ce que vous voulez!

Dans mes listes actuelles, j’ai déjà une liste de mes économies, une wishlist, ainsi qu’une liste d’idées cadeaux, qui sont dans les premières que j’ai faites. J’ai aussi une double page consacrée aux choses qui me rendent heureuse, qui est presque vide pour le moment car j’oublie tout simplement de les noter! J’ai cependant une liste très utile et réutilisable: mon « meal plan », où je planifie ce que je vais manger dans la semaine à l’aide de post-its pour chaque jour, et un encart où je scotche ma liste de courses pour la semaine.

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J’utilise un code couleur de post-its pour signifier du temps qu’il me faut pour préparer ces plats. Je n’utilise qu’un seul post-it car je mange le plus souvent dehors le midi, ou bien mange très peu/pas très élaboré.

J’ai aussi mes trois listes d’endroits où boire un café, un verre, ou manger. J’ai quatre pages consacrées au mémoire que j’écrirai l’année prochaine et tous ses détails: le sujet, les différentes choses à écrire, la date de rendu, les dates importantes, la bibliographie, et même un plan détaillé de ce que j’ai écrit pour chaque partie et l’état de ces recherches.

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Mes idées sorties
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Première partie de mon thesis tracker
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Et son organisation

J’ai aussi pour l’instant deux listes culture assez vides: les livres que je souhaite acheter, ainsi que les séries que je (re-)regarde en ce moment, et leur progression. J’ai enfin quelques pages où j’écris des citations que j’aime et qui me font du bien, même si je les écris souvent parmi mes weekly logs.

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Ma rewatch list, un peu vide pour le moment!

5- Conclusion et recommendations

Je suis devenue fan du principe du bullet journal, de par sa flexibilité et sa facilité. J’en ressens les effets sur mon organisation tous les jours, et je ne peux que le conseiller à ceux qui, comme moi, sont tête-en-l’air et ont du mal à se concentrer sur leurs obligations.

Si vous voulez commencer, je vous conseille tout d’abord d’aller jeter un oeil au site Bullet Journal, qui vous donnera une idée précise et basique de comment commencer. Je vous conseille aussi d’intégrer des groupes facebook, tels que Bullet Journal Junkies, Bullet Journal For Students, ou bien Minimalist Bullet Journals, qui sont des sources constantes d’inspiration! Il y a aussi beaucoup de comptes instagram qui se spécialisent dans le bullet journal, tels que @tinyrayofsunshine, @boho.berry, ou @prettyprintsandpaper.

Enfin: faites comme vous le sentez! Ne vous sentez pas obligé.es d’avoir un journal ultra décoré et dessiné si vous n’en ressentez pas l’envie ou le besoin. Ne vous forcez pas à le tenir tous les jours. L’important, c’est que votre journal vous plaise à vous, car c’est vous et vous seul.es qui l’utiliserez. L’important, c’est et ça sera toujours vous!

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Et ayez un chat qui vous empêchera d’écrire!

 

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